À quel moment le stent devient-il nécessaire ?

Temps de lecture : 5 min Réparer une artère malade en implantant un dispositif mécanique qui disparaît par lui-même quand il va mieux : les spécialistes cardiaques en rêvent. Le Dr Quentin de Hemptinne travaille beaucoup à Bruxelles, dans le département de cardiologie de l’Hôpital Saint-Pierre.

« Depuis février dernier, nous étudions l’utilisation d’un nouveau type d’endoprothèse absorbable », explique le médecin formé par l’ULB. « Il s’agit d’un stent de deuxième génération que nous voulons utiliser chez les jeunes patients (moins de 50 ans) et dans les situations d’urgence où ils viennent de subir une crise cardiaque. »

Un stent, c’est ce petit dispositif médical qu’on installe dans une artère obstruée par un caillot ou dont le diamètre s’est rétréci sous l’effet des plaques qui s’accumulent sur les parois. Une fois inséré dans le vaisseau, il permet de redonner à l’artère un calibre correct, de rouvrir la circulation, et de limiter les dégâts.

« Habituellement, ce type d’implant reste en place à vie. Parfois, ce choix se retourne contre le patient. Garder un corps étranger dans l’organisme n’est jamais anodin : il existe un risque d’infection ou de formation d’un nouveau caillot sur le dispositif. C’est là que les stents absorbables suscitent beaucoup d’attentes : ils accomplissent leur mission, puis disparaissent progressivement. »

Métal au lieu du plastique Depuis février dernier, le Dr Quentin de Hemptinne étudie l’utilisation d’un nouveau type d’endoprothèse absorbable Christian Du Brulle

« J’ai commencé à m’intéresser à ces stents absorbables lors de mon passage à l’Institut de cardiologie de Montréal », raconte le spécialiste bruxellois. « À l’époque, on parlait surtout de dispositifs de première génération, fabriqués en polymères. »

De retour en Belgique il y a trois ans, Quentin de Hemptinne poursuit ses recherches sur ces technologies, mais avec une nouveauté : « Nous travaillons désormais sur des stents de deuxième génération, absorbables eux aussi, mais conçus à partir d’un alliage de magnésium. Disponibles depuis 2016, ils semblent prometteurs. »

Au CHU Saint-Pierre, où il s’occupe de cardiologie interventionnelle, le médecin a donc lancé une vaste étude clinique sur ces stents métalliques absorbables.

Il précise : « Nous visons à recruter des patients de moins de 50 ans victimes d’un infarctus du myocarde. Ces personnes ont toute la vie devant elles après la pose d’un stent, ce qui rend ce type de dispositif particulièrement intéressant. Dans cette étude multicentrique menée avec une dizaine d’hôpitaux, nous comptons inclure jusqu’à une centaine de patients. Notre objectif : voir si ces stents absorbables permettent d’éviter les complications parfois rencontrées avec les modèles classiques, comme l’inflammation ou la thrombose tardive. »

Une première génération décevante

Dans ce domaine, les débuts ont été moins brillants que prévu. « Les premiers modèles d’endoprothèses absorbables n’ont pas tenu leurs promesses », confie le Dr de Hemptinne. « Des incidents, dont des thromboses, ont été observés. Mais les données récentes sur la deuxième génération sont encourageantes, à condition de bien sélectionner les patients, notamment ceux présentant des lésions coronaires simples à traiter. »

La spécificité de l’étude en cours : tester ce nouveau stent en situation d’urgence cardiaque, lors d’un infarctus. « Lorsqu’une artère coronaire se bouche soudainement à cause d’un caillot, il faut agir vite. Si le flux n’est pas rétabli, le muscle cardiaque souffre, parfois de manière irréversible. »

Dans le contexte de l’infarctus du myocarde, les rétrécissements artériels sont souvent liés à la rupture d’une plaque de cholestérol, ce qui déclenche un caillot. Le phénomène touche de plus en plus de patients jeunes, souvent en apparente bonne santé mais exposés à des facteurs de risque cardiovasculaire connus : tabac, taux élevé de cholestérol, sédentarité, diabète…

Encourager les premières tentatives

Une première étude clinique, limitée en nombre de participants, a déjà été menée dans ce cadre spécifique. Les résultats, bien que préliminaires, sont jugés encourageants. Cette année, un deuxième essai clinique a démarré, impliquant une douzaine d’hôpitaux à travers la Belgique. L’équipe espère pouvoir inclure une centaine de patients.

En parallèle, une recherche fondamentale, soutenue par le Fonds de chirurgie cardiaque, se penche sur la composition même de ces nouveaux stents. L’objectif : mieux comprendre les propriétés de l’alliage de magnésium utilisé dans la deuxième génération de dispositifs.

Les premiers résultats suggèrent que cet alliage possède des propriétés antithrombotiques. Pour approfondir, des tests sur la coagulation sont également menés en collaboration avec le laboratoire médical expérimental du CHU de Charleroi.

Une étude à long terme

« Ce que nous menons n’est pas une étude comparative », précise le cardiologue. « Nous souhaitons avant tout vérifier que l’utilisation de ces endoprothèses dans le traitement de l’infarctus du myocarde ne présente pas de risque particulier et que les patients s’en sortent bien. »

Si les résultats le confirment, une nouvelle étape s’ouvrira : comparer les stents absorbables aux modèles permanents, pour évaluer si la santé des patients y gagne vraiment sur le long cours. Mais la prudence reste de mise : il faudra du temps avant de pouvoir trancher.

L’avenir de la cardiologie interventionnelle se joue peut-être là, dans l’alliance entre la technologie et la patience. Face à une pathologie aussi imprévisible que l’infarctus, chaque avancée concrète compte, et la course contre la montre continue, au cœur même de nos artères.

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